La peine de mort
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Abolie pendant un moment, la peine capitale a été rétablie aux Etats-Unis en 1977 dans 38 des 51 états du pays (mais 9 d'entre eux n'en ont pas fait usage depuis son rétablissement). Les plus meurtriers se situent en majeure partie au Sud du pays, avec notamment le tristement célèbre cas du Texas, qui détient le record des exécutions capitales. Si la peine de mort est intolérable dans quelque pays que ce soit, elle semble encore plus absurde dans un pays qui, à d'autres niveaux, est à la pointe du progrès ; on a ainsi du mal à croire que la morale obsolète qui justifie la peine de mort cohabite avec l'avance technologique de certains domaines. Les Etats-Unis font partie des six pays au monde autorisant l'exécution des moins de 18 ans (avec le Bangladesh, l'Iran, l'Irak, le Nigeria et le Pakistan). En étudiants les statistiques des condamnations, on constate un déséquilibre révélateur : il y a bien plus de pauvres condamnés de que de riches, et on observe également un net déséquilibre entre le pourcentage de Noirs dans la population américaine normale et celui dans le nombre de condamnés à mort, qui lui est très supérieur... Comme on le voit, non seulement la peine capitale s'applique de manière relativement arbitraire, faisant ainsi preuve d'une impartialité contraire à l'idée de justice, mais de plus elle est aussi inutile et barbare, même lorsque le condamné est réellement coupable :

1° Les partisans de la peine de mort avancent l'argument que seule celle-ci peut vraiment dissuader les criminels de passer à l'acte et ainsi diminuer le taux de criminalité. Cependant, les chiffrent démontrent que ce taux est supérieur dans les états dans lesquels elle est encore effective à celui des états qui l'ont abolie. Cette solution radicale n'est donc pas disuasive et n'a pas d'effet répressif sur la violence.

2° Elle est aussi une solution de facilité qui permet de se "débarrasser" des individus dérangeants sans avoir à se soucier de "l'après". Ce n'est ni plus ni moins qu'une solution arrangeante pour ne pas avoir à se poser de questions sur la prise en charge des criminels.

3° Certains prétendent aussi que les condamnés à mort "n'ont que ce qu'ils méritent". Ils prennent pour exemple des tueurs en série et autres criminels dont les actes sont particulièrement révoltants. Cependant, là encore, c'est une fausse route : c'est JUSTEMENT parce que nous sentons un besoin de vengeance qu'il ne faut pas y céder. La vengeance relève en effet d'une réaction spontanée, qui est bien sūr naturelle devant des crimes terribles, mais qui, parce qu'elle n'est dictée que par des émotions subjectives, ne doit pas s'appliquer à au fonctionnement de l'Etat. Le sentiment de vengeance est naturel chez l'individu touché à titre personnel, mais il est contradictoire d'appliquer cette logique au droit, qui doit se baser sur une justice la plus équitable et impartiale possible. Appliquer la peine de mort, c'est céder à une pulsion au lieu de réfléchir à une solution, et c'est aussi, paradoxalement, imiter ce que l'on reproche au meurtrier...

4° La peine de mort est également, bien entendu, contraire aux valeurs des droits de l'homme. Exécuter quelqu'un, c'est lui dénier la possibilité de pouvoir se racheter, et considérer qu'il est définitivement irrécupérable : c'est donc tout simplement nier l'humanité des condamnés. Mais quel droit a-t-on de juger ainsi quelqu'un ? Si choquant que puisse être le crime, il n'appartient pas à l'Etat de décider de la vie ou de la mort d'un individu.

5° Enfin, comme le démontre malheureusement le cas de Jimmy, c'est aussi prendre le risque d'exécuter des innocents. Plusieurs cas ont été recensés dans lesquels il s'est avéré que les condamnés étaient effectivement innocents, mais les preuves n'ayant été trouvées à temps, l'erreur judiciaire est, bien sūr, irrécupérable dans ce genre de cas... La "satisfaction" d'avoir puni des criminels mérite-t-elle de prendre le risque d'ōter la vie à des innocents ? Il est également intéressant de noter que outre des individus innocents, le système de la peine de mort a aussi fait exécuter des personnes irresponsables de leurs actes, tels que des attardés mentaux, qui auraient sans doute seulement eu besoin d'une prise en charge et d'un traitement spécifique.

Actuellement, l'opinion publique américaine est divisée : les partisans de la peine capitale restent relativement nombreux, mais depuis quelques années les sondages révèlent aussi une évolution des mentalités en faveur de la prison à perpétuité en remplacement de l'exécution, une peine qui aurait le mérite de maintenir la sécurité de la population tout en évitant la barbarie de la peine capitale.

Dernière mise à jour :
3 juillet 2008